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Connecter les producteurs et les consommateurs de Minorque : Projet CAD

Il y a quelques jours, nous avons accueilli dans l’Aula de Cuina de San Crispín la présentation des premières conclusions d’une étude que nous élaborons depuis les premiers mois de l’année autour du projet de Centre Agroécologique de Distribution. Un projet sur lequel nous travaillons depuis San Crispín et dont nous vous avons déjà parlé à plusieurs reprises. Cette journée de travail a été intense et les résultats nous ont donné de nombreuses pistes sur la direction à suivre. Nous souhaitons maintenant les partager avec vous, car vous êtes une partie essentielle de ce projet.

Tout d’abord : qu’est-ce qu’un CAD ?
CAD signifie Centre Agroécologique de Distribution. Dit simplement, il s’agirait d’un lieu et d’une organisation destinés à aider les agriculteurs et producteurs de l’île à faire parvenir leurs produits aux clients, sans que chacun doive le faire seul et de manière isolée.

Imaginez la situation : aujourd’hui, un agriculteur qui cultive des tomates à Alaior doit les récolter, les emballer, les charger dans son véhicule, faire la tournée des restaurants et des commerces puis retourner à la ferme. Cela peut lui prendre entre 30 et 35 heures par semaine, un temps qu’il ne consacre pas à produire. Le CAD serait la structure chargée d’assumer une partie de ce travail de manière collective et plus efficace.

Pourquoi la Coopérative San Crispín a-t-elle lancé cette étude ?
Parce que nous pensons que Minorque dispose de produits de qualité, de producteurs engagés et de personnes comme vous qui souhaitent consommer de manière locale et responsable. Ce qui manque aujourd’hui, c’est l’infrastructure capable de relier tous ces éléments.

Pour savoir si un CAD est viable, nous avons commencé par écouter les producteurs. Ce travail est réalisé grâce au financement de la Fondation Daniel et Nina Carasso, qui nous a permis de recruter une personne dédiée à cette mission. Le projet s’inscrit également dans l’Alliance pour une Minorque Agroécologique, un mouvement citoyen et associatif auquel San Crispín a adhéré afin de contribuer à transformer le système agroalimentaire de l’île pour le rendre plus souverain et plus conscient.

Qu’avons-nous fait jusqu’à présent ?
Entre janvier et mars de cette année, nous avons mené 21 entretiens avec des producteurs et productrices de l’île aux profils très variés : maraîchers, éleveurs, producteurs de fromage, viticulteurs, arboriculteurs, producteurs d’huile d’olive et bien d’autres encore. Voici les principales conclusions que nous en avons tirées.

Que nous ont dit les producteurs ?
Il existe une grande diversité et une réelle qualité. La majorité travaille en agriculture biologique ou applique de bonnes pratiques agroécologiques. Ils produisent des légumes, des fruits, de la viande, du fromage de chèvre, des yaourts, des glaces artisanales, de la farine de blé xeixa, du riz local, du vin et bien d’autres produits. Dans l’ensemble, cette offre pourrait couvrir toute l’année, mais le principal problème reste la distribution.

La distribution directe aux particuliers ou aux commerces est le modèle dominant parmi les producteurs. Pourquoi ? Parce qu’ils considèrent qu’il est plus rentable de le faire eux-mêmes et parce qu’ils attachent beaucoup d’importance à la relation directe avec leurs clients. Toutefois, ils reconnaissent que gérer eux-mêmes cette distribution leur coûte énormément de temps et d’argent, et que ce coût n’est souvent pas répercuté dans le prix final.

La saisonnalité complique également les choses. En été, avec le tourisme, la demande explose et il n’y a parfois pas assez de produits disponibles. En hiver, c’est l’inverse : certains excédents ne trouvent pas d’acheteurs. Une planification commune pourrait grandement contribuer à équilibrer cette situation.

Les producteurs sont ouverts au projet de CAD, mais sous certaines conditions. Seize des vingt-et-un producteurs interrogés se disent prêts à augmenter leur production si le CAD devenait opérationnel. Mais ils posent trois conditions essentielles : prouver que le projet est viable, garantir une gestion professionnelle et transparente, et assurer des prix justes leur permettant de vivre dignement de leur travail.

Et maintenant ?
Cette première phase avait pour objectif de mieux comprendre la situation des producteurs et productrices. Une deuxième étape commence désormais, centrée sur une étude de la consommation et des possibles canaux de vente pour un CAD. L’objectif est d’analyser si le modèle économique est durable et de quelle manière le CAD devrait être organisé afin de fonctionner réellement.

En tant que membre de la Coopérative San Crispín, vous faites aussi partie de ce projet. Votre consommation de produits locaux est l’une des raisons pour lesquelles il est pertinent de construire cette structure. Nous continuerons à vous tenir informés de son évolution.

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